(Une coopération territoriale au service de la qualification des jeunes)
Le développement du Centre Communal de Formation Professionnelle et d’Apprentissage (CCFPA) de Za-Kpota était au cœur des échanges entre Madame Awaou BACO, Ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, en charge de la Formation Professionnelle, et une délégation conduite par le Réseau des ONG pour les Objectifs de Développement Durable (RODD), avec la participation d’ENAIP Piemonte, organisme italien spécialisé dans la formation professionnelle. L’audience s’est tenue le mercredi 14 octobre 2026 à la Cité ministérielle.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la coopération entre les communes de Za-Kpota, au Bénin, et de Settimo Torinese, en Italie, avec l’accompagnement d’ANCI Piemonte. Dans cette dynamique, ENAIP Piemonte a été chargée de réaliser une étude de faisabilité visant à examiner les possibilités de développement et de renforcement du CCFPA de Za-Kpota.
Les échanges ont permis de présenter les objectifs de cette mission et d’aborder les perspectives de coopération susceptibles de contribuer à l’amélioration de l’offre de formation, au renforcement des compétences des formateurs et à une meilleure adéquation entre les qualifications proposées, les besoins du marché du travail et les potentialités économiques du territoire.
Une première expérience de coopération avait déjà été menée en 2024 à travers une formation de perfectionnement en coiffure féminine, qui a réuni 49 professionnelles pendant quatre mois. Cette initiative constitue une expérience de référence pour examiner les possibilités de nouvelles actions en faveur du développement des compétences professionnelles.
Moderniser le centre et diversifier les filières : des pistes à étudier
Le CCFPA de Za-Kpota propose actuellement plusieurs filières, notamment la maçonnerie, la soudure, le carrelage, l’électricité bâtiment, le tissage, la cuisine-restauration et la coiffure.
Dans la perspective d’un éventuel renforcement de son attractivité et de sa capacité à répondre aux besoins du territoire, plusieurs pistes ont été présentées aux partenaires. Elles concernent notamment la possibilité de développer de nouvelles filières en haute couture et broderie, ainsi qu’en transformation agroalimentaire, avec un intérêt particulier pour la valorisation des fruits et légumes.
La mise aux normes des ateliers existants, la construction et l’équipement éventuels d’espaces dédiés aux nouvelles filières, l’aménagement de dortoirs pour les apprenants venant de localités éloignées et la création d’une bibliothèque numérique figurent également parmi les besoins exprimés.
Le renforcement des capacités des formateurs constitue un autre axe de réflexion. Il pourrait notamment porter sur la formation continue, la maîtrise des nouveaux équipements, les compétences transversales, l’entrepreneuriat et l’agrobusiness, ainsi que sur des échanges d’expériences avec des professionnels italiens.
Ces différentes pistes devront être approfondies à la lumière des conclusions de l’étude de faisabilité, des besoins en compétences, des perspectives du marché du travail et des ressources susceptibles d’être mobilisées.
Des orientations pour une coopération structurée et durable
Au cours de l’audience, Madame la Ministre a souligné l’importance de faire de la formation professionnelle un levier de qualification, d’employabilité et de création d’emplois durables. Elle a rappelé la nécessité de rechercher une meilleure adéquation entre les formations dispensées, les besoins du marché du travail et les potentialités économiques locales, conformément aux priorités du Gouvernement et à la Vision Bénin 2060 « Alafia, un monde de splendeur ».
Afin d’assurer la pertinence des interventions qui pourraient être envisagées, la Ministre a recommandé d’examiner l’implication des structures techniques compétentes. L’Agence du Cadre de Vie et des Infrastructures dans le Secteur de l’Éducation (ACISE) pourrait ainsi être associée à l’expertise relative aux infrastructures, tandis que l’Agence Nationale de Développement des Enseignements Techniques (ADET) pourrait contribuer à l’examen des spécifications techniques des équipements.
Elle a également proposé d’approfondir les modalités de coordination entre les parties prenantes, notamment à travers la mise en place envisagée d’un comité mixte d’accompagnement associant les structures concernées du MPMEPE, la mairie de Za-Kpota et les acteurs institutionnels compétents.
L’élaboration d’une convention de partenariat entre le CCFPA de Za-Kpota et ENAIP Piemonte, ainsi que la définition d’une feuille de route précisant les engagements des parties, la répartition des responsabilités, les échéances et les mécanismes de suivi-évaluation, constituent également des perspectives à examiner pour encadrer une éventuelle mise en œuvre.
La délégation a, par ailleurs, sollicité l’accompagnement des cadres techniques du ministère au niveau départemental afin de mieux apprécier les besoins en compétences, les potentialités économiques et les possibilités d’insertion professionnelle sur le territoire.
Des perspectives pour l’emploi et le développement local
Les conclusions de l’étude de faisabilité devront permettre de mieux apprécier les options de développement du CCFPA de Za-Kpota et les actions susceptibles d’être retenues par les partenaires. Selon les résultats de cette analyse, les futures initiatives pourraient concerner l’adaptation des parcours de formation, le renforcement des compétences des formateurs, l’amélioration des équipements pédagogiques et le développement de liens avec les entreprises.
Ces perspectives visent à favoriser une offre de formation mieux adaptée aux réalités économiques locales, à soutenir l’employabilité des jeunes et à examiner les possibilités d’accompagnement vers l’entrepreneuriat et l’auto-emploi.
À travers ces échanges, le MPMEPE entend favoriser une démarche concertée fondée sur l’analyse des besoins, l’expertise technique et la coordination des acteurs. Les suites à donner dépendront notamment des résultats de l’étude de faisabilité et de l’examen des conditions techniques, institutionnelles et financières nécessaires.
Pour le MPMEPE, l’enjeu est d’identifier des solutions pertinentes et réalisables pour renforcer, à terme, la contribution du CCFPA de Za-Kpota à la qualification des jeunes, à leur insertion professionnelle et au développement économique local.




